Cet officier de l’armée guinéenne a ébloui le peuple de Guinée dans deux circonstances historiques.
La première, c’est lors de la cérémonie commémorative de l’an 60 de l’indépendance du pays, le 02 octobre 2018 au stade du 28 septembre. Devant de nombreux chefs d’État africains, l’on a vu apparaître « un colosse » suivi d’une force militaire étrange que l’on présentera comme le Groupement des Forces Spéciales (GFS) de l’armée guinéenne. Une force que les guinéens n’avaient jamais vu surtout par son accoutrement avec des hommes encagoulés montés sur des véhicules spéciaux.
Ce GFS qui avait fermé le défilé de l’an 60 avait suscité tant de commentaires dans le pays que l’ancien Président Alpha Condé en aurait été fier.

La seconde circonstance, c’est le 05 septembre 2021. En ce dimanche tranquille de la capitale Conakry, le peuple de Guinée s’est réveillé par le coup de force qui renverse Alpha Condé. Et qui on voit apparaître sur la lucarne de la télévision nationale, c’est ce même colosse nommé Mamady Doumbouya. Pour annoncer que l’armée a pris le pouvoir.
Deux circonstances historiques, deux événements inédits.
La Guinée depuis vibre au rythme du pouvoir du Conseil National du Rassemblement et du Développement ( CNRD) et de son chef, le colonel Mamady Doumbouya.
L’avènement du CNRD au pouvoir aura été un soulagement pour le peuple de Guinée. Pour signifier cette joie, c’est cette effervescence et ce déferlement des populations pour commémorer la fête du 02 octobre 2021. La Guinée était réconciliée. L’espoir permis.
Aujourd’hui, à un mois de l’an 1 du CNRD, les guinéens veulent encore croire que l’espoir d’un lendemain meilleur est toujours possible.
Comme le colonel Mamady Doumbouya avait promis que les erreurs du passé ne seront plus commises et que la justice sera la boussole, cette promesse devra être tenue.
Comme Napoléon qui avait brûlé tous les vaisseaux ayant servi à ses troupes de traverser le fleuve, pour éviter tout découragement de celles-ci et continuer le combat, la Guinée se doit d’aller de l’avant. Il ne peut y avoir de retour possible. Et c’est au colonel d’insuffler cet élan.
Refonder l’État ne devrait pas signifier créer des conditions du désespoir, de peur et de désolation. Refonder l’État ne devrait pas être le terreau de la désunion. Refonder l’État ne devrait pas dire imposer tout.
Lorsque l’on a la force du pouvoir après l’avoir conquis et gagner, la sagesse voudrait que l’on ne rajoute rien. Si on le fait, on risque de tout détruire. La Guinée est très fragile pour le supporter.
On a coutume de dire en Afrique que le Président est le père de la nation. Un père, c’est celui qui écoute tous ses fils afin de fixer le cap. Parfois, il peut arriver des divergences dans la famille de la nation. Il revient au père de travailler à l’unité et à la concorde de la famille.
L’horizon de doit pas s’assombrir. Il faudrait que la refondation de l’État projette un souffle d’espoir, de paix et de cohésion sociale.
C’est au colonel Mamady Doumbouya d’avoir le dos large, d’accepter tous les coups pour réussir cette transition. Le peuple de Guinée a trop souffert et trop enduré.
Après un an d’exercice au pouvoir, il serait souhaitable pour le colonel de faire une pause, prendre du recul pour mieux rediriger cette transition. Car l’espoir de tout un peuple est sur ses épaules.
Par Diallo Abdel Aziz
